histoire de la coca

Après avoir vu une émission dans laquelle un des invités disait que le Coca-cola contenait initialement de la cocaine j’ai voulu me renseigner. J’ai donc mené mon enquête en relevant les anecdotes historiques intéressantes de la plante coca.

Une plante non nocive et même miracle

La cocaïne vient de la feuille d’une plante nommée la coca. Ce nom vient de “Khoka” qui signifie “L’arbre” en Aymaras , ancienne civilisation précédant les Incas. En effet celle-ci est considérée comme LA plante, servant dans de multiples contextes: rites religieux, coup faim et fatigue, applications médicinales, taxe d’imposition chez les Incas.
Constituée de 14 alcaloïdes dont la cocaïne (0.5 à 3%), elle est scientifiquement parlant un stimulant, pas un narcotique, ne créant pas de dépendance. La mâcher diminue fortement les caries, augmente la résistance physique, diminue la faim et alimente la personne qui la mâche. Au niveau nutritionnel, Une étude de l’Université d’Harvard sur la valeur nutritionnelle affirme 100 gr de coca bolivienne suffisent à satisfaire les besoins journaliers en calcium, fer, phosphore, vitamine A et B2.
Un récent rapport de l’OMS démontre d’ailleurs que dans son état naturel, elle n’est nullement nocive pour la santé.

Quand l’Eglise se la joue cartel

Quand les espagnols sont arrivés envahir les Incas, ils l’ont d’abord interdite à cause de le volonté d’évangélisation et de son utilisation dans les rites paiens: l’Eglise lui confère alors des propriétés jugées “sataniques” . Mais vu ses qualités de coupe-faim et coupe-fatigue utiles pour exploiter pleinement les mineurs Indiens travaillant de force pour l’Espagne, un compromis des plus honnêtes a été trouvé: une ordonnance du roi d’Espagne, appliquée jusqu’au 19eme siècle, annonce officiellement que l’utilisation de coca sera interdite pour des rites paiens et que sa production sera sous le contrôle de l’Eglise. Par contre l’utilisation pour les travailleurs forcés des mines sera licite et même obligatoire. Evidemment tous les parties sont contents: l’Eglise gérant la production s’enrichit allègrement tout en évangélisant un maximum et les intérêts économiques des Espagnols sont préservés.

Freud et ses conseils pipeaux.

Au 19eme siècle, l’Europe occidentale en pleine révolution industrielle et scientifique redécouvre la coca. Les scientifiques réussissent à isoler la cocaïne et découvrent ses propriétés médicales. D’ailleurs, Après avoir fait quelques travaux sur ses effets, Freud la prescrit pour toute une série d’affections telles que l’asthme, l’impuissance, l’anesthésie locale, l’alcoolisme, la stimulation physique et mentale ou l’indigestion. Après des résultats catastrophiques sur la santé de ses patients, il arrêtera d’en proscrire en 1887. Enfin bon tout cela pour dire que, comme bon nombre de scientifiques connus, Freud a aussi fait quelques erreurs (assez graves comme même) dans son parcours.

NDLR: D’ailleurs c’est fou que l’on n’insiste jamais sur les erreurs de ces personnes-là: 1) cela les rendraient plus humaines et 2) cela donnerait une vision de la science plus juste et moins arrogante en montrant qu’elle n’est faite que d’erreurs retravaillées. comme disait Herriot sur la puissance créative de l’erreur “L’erreur a créé beaucoup plus que la vérité.”

Le vin Mariani: un vin un peu spécial…

Dès 1870, on voit apparaître la consommation populaire de vin dans lequel sont infusées préalablement des feuilles de coca. En 1871, le marché est dominé par une marque qui est restée célèbre, le vin Mariani, du nom d’un pharmacien, Angelo Mariani, qui eut l’idée de commercialiser ce vin associé à un médecin pour lui confèrer unelégitimité médicale.
Cette boisson tonique, réalisée à partir de vin de Bordeaux et d’extrait de feuilles de coca fut un succès énorme qui lui valut la célébrité dans toute l’Europe. Le Pape Léon XIII en signe de son approbation officielle lui décerna une médaille spéciale. Elle contenait 6 à 7mg de cocaïne par bouteille.
En France la version cocaïnisée du vin Mariani fut autorisée jusqu’en 1910. De nombreuses personnalités des arts, de la littérature et de la politique apportent leur appui au vin Mariani. Citons les plus prestigieuses : Edison, Jules Verne, Émile Zola, le Prince de Galles et même le pape Léon XIII qui ne quittait pas sa fiole.

J’ai à vous adresser mille remerciements, cher Monsieur Mariani, pour ce vin de jeunesse qui fait de la vie, conserve la force à ceux qui la dépensent et la rend à ceux qui ne l’ont plus » (Émile Zola, 1895)

Cher Monsieur, J’ai reçu un tel secours de votre vin au moment de mes dernières couches que je vous conjure de m’en faire envoyer d’urgence une nouvelle caisse » (Léon Bloy, 1898).

Coco-cola ou “the French wine of coca”

Mais cette invention est vite éclipsée sur les marchés par une autre boisson. En 1886, un pharmacien américain d’Atlanta, John Smith Pemberton, s’inspire du vin Mariani pour concocter une potion stimulante à base de coca et de noix de cola ( contenant de la caféïne) , l’alcool étant prohibé à cette époque. En 1892, Asa Candler, un autre chimiste, rachète les droits et fonde la Coca-Cola Company. Mais une dizaine d’années plus tard, les scientifiques découvrent les dangers de la cocaïne. La molécule est alors retirée des feuilles de coca entrant dans la composition du Coca-Cola (décocaïnisée) tout en augmentant la dose de caféine dans la boisson.

Références

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